Dimanche 9 Décembre

« LA VOIX DES SALARIES AGRICOLES DOIT ETRE DAVANTAGE ENTENDUE »

 Michel Marcoul, est président de l’association des salariés agricoles de France. Dans un texte publié sur le site Internet du réseau TRAME, il dénonce le manque de prise en considération des salariés agricoles.

Propos recueillis par Antoine Hunneau

Pourquoi dénoncer aujourd’hui le manque de prise en compte des salariés agricoles ? La situation n’est pas nouvelle.

Les lois successives ont toujours oublié les salariés alors que le nombre d’exploitations diminuant, il y a de plus en plus besoin de main-d’œuvre, on manque de candidat. Tout ce qui a été tenté ne fonctionne pas, il faut redonner la parole aux salariés sur le terrain pour faire des propositions aux pouvoirs publics et à la profession.

Qui visez-vous exactement ?

On cible la profession, c’est-à-dire les chefs d’exploitations. Nous visons aussi les décideurs politiques qui, dans leurs projets de loi, oublient toujours les salariés agricoles. Ensuite dans toutes les institutions, on ne parle de salariat que dans les instances paritaires. A la MSA, les moyens alloués pour les salariés sont de moins en moins importants, alors que c’est la composante salariés qui apporte le plus de financements à la MSA.

Les salariés n’ont-ils pas leur part de responsabilité, du fait de leur manque d’investissement ?.

C’est vrai qu’ils devraient être plus syndiqués, mais en même temps dans notre pays on ne fait confiance qu’à des associations paritaires. A côté de cela, il y a aussi de la place pour d’autres associations comme la nôtre qui sont proches du terrain et qui connaissent bien les problématiques.

Quelle solution suggérez-vous ?. Allouer davantage de subventions à ces associations ?

Oui, ce qui concerne l’emploi doit rester dans la part du paritarisme (ADEFA, AREFA etc) mais pour tout ce qui touche à l’approche du métier sur le terrain, on a besoin d’associations de développement comme la nôtre. Elles doivent être reconnues par les textes législatifs. Aujourd’hui nous avons de moins en moins de temps d’animation parce que les Chambres d’Agriculture mettent très peu de moyens pour les salariés agricoles.