Dimanche 9 Décembre
Le comice agricole de Lorris est toujours un moment attendu. Trois agriculteurs vous proposent un rendez-vous à la découverte de leur métier et de leur savoir-faire. Ouverts à tout public, ces rendez-vous vous permettront d'apprécier la diversité de l'activité agricole du canton tout en passant un agréable moment.
 
Vous ne traverserez pas le village de Coudroy par hasard mais bien pour vous rendre chez Bruno Chevallier à la ferme "Les Millets". Fils d'agriculteur, Bruno a toujours travaillé dans l'agriculture mais pas à n'importe quel prix. D'accord pour une production laitière mais pas tout seul, le travail est trop contraignant.
 
En 1994, Bruno s'installe avec sa mère Maryvonne en production laitière. En 1999, l'opportunité de réunir deux troupeaux dans un GAEC lui donne des perspectives intéressantes. Cependant, Bruno sortira du GAEC en 2006 pour créer une Société Civile Laitière (SCL) avec un voisin. Cette association ne durera qu'une année et en 2007, la production laitière est arrêtée sur l'exploitation. Pour suppléer à la production de lait, Bruno construira deux poulaillers de 400 m² chacun pour élever soit des poulets, des dindes, des pintades ou parfois des canards. Cette production labellisée nécessite une exigence particulière. Si le poulet est l'animal qui transforme le mieux les céréales en viande, cela requiert un savoir-faire et des soins journaliers. Pour cultiver 100 ha de cultures, la majorité du matériel appartient à une CUMA, une façon économique d'utiliser du matériel performant à moindre coût. L'élevage bovin est encore bien présent sur l'exploitation avec un troupeau de limousine, race réputée pour la qualité de sa viande. Élu au conseil municipal de Coudroy et au syndicat intercommunal du regroupement scolaire, Président de la CUMA du Joudry, Bruno s'est toujours engagé dans son métier comme dans sa vie personnelle.
 
Un troupeau de 108 vaches laitières pouvant produire 790 000 litres de lait, 243 ha de cultures et maintenant une pension pour 18 chevaux, voici une structure importante qui génère du travail pour 4 personnes à plein temps. Bienvenue au GAEC des fourneaux, situé à la sortie de Lorris sur la route des Bordes. En 1981, François s'installe avec son père et son frère en GAEC. En 1989, le GAEC est dissous et François repart en individuel avec 60 ha et 19 vaches laitières. En 2005, Vincent son fils, après une formation agricole, reprend 143 ha d'une ferme voisine et constitue un GAEC avec ses parents. Les possibilités de production de lait deviennent importantes, le GAEC réalise une mise aux normes des bâtiments. L'épouse de Vincent, Caroline, s'ajoutera au GAEC en 2008 avec une activité de pension de chevaux. Ne croyez pas que les projets s'arrêtent ici, le dernier bien avancé est la construction d'un hangar avec un toit couvert de panneaux photovoltaïques.
Le contact avec des animaux reste un moment privilégié pour les petits et les grands. Cette visite vous permettra de satisfaire cette envie et bien sûr de mieux comprendre le travail très technique pour transformer des brins d'herbe en litres de lait.
 
Aujourd'hui, l'agriculture biologique a le vent en poupe mais quand Rémy et Odile Esnault se sont convertis au biologique en 2001, ils faisaient un peu figure de marginaux. Enfants d'agriculteurs sur la Bussière, ils s'installent tous les deux en 1979 au Grand Douai à la Cour Marigny sur 36 hectares, avec un troupeau de 20 vaches laitières et autant de vaches allaitantes. Rapidement, l'exploitation s'agrandit et se modernise. Le drainage tout d'abord permit un travail du sol plus facile, ensuite l'irrigation facilita l'agriculture. L'accident de Medhy, leur fils, en 1992 nécessite beaucoup d'absence et remet en cause l'exploitation. L'embauche d'un salarié remédie à cette situation mais quand il part en 1997, la décision d'arrêter l'élevage laitier est prise. Pour remplacer cette production, Rémy et Odile cultivent 8 ha de pommes de terre et en 1999, ils construisent un bâtiment de stockage. Déçus par les conditions de travail et la rémunération, ils arrêtent définitivement la pomme de terre en 2001. La production de poulets en élevage biologique date de 1996 et quand en 2001, pour garder l'appellation, il était nécessaire d'avoir un "lien au sol", Rémy transforme l'ensemble de l'exploitation en agriculture biologique. Le hasard sans doute a fait qu'en 2003, Agralys recherchait des semences biologiques pour alimenter le marché. 10 ha de triticale seront mis en culture puis viendront les pois, les haricots et le lupin. Depuis 2006, la culture du haricot pour la consommation a fait son entrée. En 2009, un contrat de 22 ha de luzerne permet une bonne gestion des rotations des cultures.
Ne parlez pas à Rémy de binette, il n'aime pas beaucoup. Inventeur, bricoleur, il a toujours favoriser le travail mécanique. Il faut travailler au bon moment et vite, c'est un peu le secret de ses résultats. Inutile de vouloir retracer ici toutes les astuces et savoir-faire que Rémy déploie pour chacune des cultures, il n'aurait plus rien à dire lorsque vous viendrez découvrir son exploitation. Un rendez-vous à ne pas manquer.
 
Aussi divers que l'agriculture de Lorris, ces trois rendez-vous seront pour chacun l'occasion de percevoir la diversité des métiers et la mise en valeur des terres de cette région.
 
Patrick Mouré